Le sucre en accusation

Depuis quelques années nous sommes mis en garde, et semble-t-il à juste titre, contre de nombreux éléments du quotidien en fait nuisibles à notre santé : le tabac, les graisses, l’hypertension, la sédentarité, le stress… Voici le sucre mis en accusation, par la grande revue scientifique Nature. Doit-on désormais considérer cet élément de base de notre alimentation, et parfois de notre plaisir, comme un poison, ou au moins comme un danger ?

Depuis quelques années nous sommes mis en garde, et semble-t-il à juste titre, contre de nombreux éléments du quotidien en fait nuisibles à notre santé : le tabac, les graisses, l’hypertension, la sédentarité, le stress… Voici le sucre mis en accusation, par la grande revue scientifique Nature. Doit-on désormais considérer cet élément de base de notre alimentation, et parfois de notre plaisir, comme un poison, ou au moins comme un danger ?

 
Ce n’est quand même pas nouveau, même si les termes utilisés sont plus durs, plus directs que d’habitude. On sait qu’il existe dans le monde entier une épidémie d’obésité, que cette épidémie se développe encore plus vite dans les pays en développementet parmi les couches les plus précaires de nos pays. Parallèlement le diabète gagne du terrain : il s’agit de diabète de type 2, directement favorisé par le surpoids, l’obésité, le manque d’activité physique.
Dans le monde il y a désormais 30% de plus d’obèses que de sujets sous alimentés. En 2030, 500 millions de diabétiques, contre 360 millions aujourd’hui !
 
 
On a compris que manger « trop gras trop sucré trop salé » n’est pas bien, comme le rappellent à loisir (avec une efficacité douteuse) les sous titres des publicités alimentaires… Quoi de neuf alors, de la part des scientifiques ?
 
 
 Le sucre est accusé d’être, à l’instar de l’alcool ou du tabac, une véritable drogue, avec ses caractéristiques de plaisir immédiat, d’accoutumance, de perte de la sensation de satiété. D’être également un produit dangereux par son effet sur le dépôt de graisse (dérivée du sucre), dans l’abdomen, le fameux périmètre abdominal, ou tour de taille : lorsque celui-ci dépasse 100 cm chez l’homme, 90 cm chez la femme, la probabilité augmente nettement d’être hypertendu, diabétique, d’avoir peu de bon cholestérol, et beaucoup de risque vasculaire.
Le dépôt de graisse dans le foie s’appelle la stéatose hépatique, ici non alcoolique, mais qui peut également se compliquer de cirrhose. Jusqu’ici lorsqu’un patient avait une perturbation des enzymes du foie, les fameuses « gamma GT », il protestait de sa sobriété… Désormais on sait que l’origine de ces perturbations peut  être liée au métabolisme du sucre, et non de l’alcool.
 
 
Le sucre est quand même un élément essentiel de l’alimentation… On entend accuser le fructose, les fruits ne sont-ils donc plus recommandés, alors qu’ils étaient censés faire partie des nombreuses portions quotidiennes recommandées par le Programme Nutrition et Santé ?
 
Le sucre courant, ou saccharose, est constitué de glucose et de fructose. Le fructose des fruits représente un apport de 20 à 30 grammes par jour. Par contre le fructose des additifs alimentaires, composant par exemple du sirop de maïs, utilisé pour renforcer la saveur sucrée, va apporter 150 grammes par jour de sucre supplémentaire, parfaitement superflu, et même nuisible. On peut donc, et on doit, continuer à manger des fruits, mais se méfier des boissons sucrées.
 
 
Des mesures très coercitives sont recommandées par les scientifiques auteurs de l’article de Nature : doubler le prix des sodas, limiter les points de vente, les horaires d’ouverture, l’accès des plus jeunes à l’achat. C’est la prohibition…
 
La situation française n’est pas, ou pas encore, celle des Etats-Unis, pour la proportion d’obèses et de diabétiques, et pour les portions d’aliments et de boissons servies… Certaines mesures ont été prises en France vis-à-vis des distributeurs de boissons sucrées à l’école, et du prix des sodas par exemple. L’industrie de l’alimentation affirme de son côté travailler sans relâche à l’amélioration diététique de ses produits.
Mais un véritable changement des mentalités et de l’éducation nutritionnelle est indispensable, ainsi que de la hiérarchie des prix des produits de large consommation : tant que les produits dits denses en calories sucrées seront les plus accessibles les sujets et les populations précaires resteront les victimes de cette intoxication douce, mais réelle.
 
 
Un point encore à éclaircir : les substituts du sucre, les édulcorants, sont ils dangereux ?
 
A mon avis ils ne sont pas dangereux, ou bien il faudrait en consommer des kilos chaque jour… De toutes façons, si on les utilise en trop grande quantité, ils deviennent plutôt amers…
 Écoutez la chronique du Pr Alain Krivitzky:

0 Commentaires

Poster un nouveau commentaire

Le contenu de ce champ ne sera pas montré publiquement.
  • Les adresses de pages web et de messagerie électronique sont transformées en liens automatiquement.
  • Tag HTML autorisés : <a> <em> <strong> <cite> <code> <ul> <ol> <li> <dl> <dt> <dd> <img> <p>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Plus d'informations sur les options de formatage

CAPTCHA
Cette question vous est posée pour vérifier si vous êtes un humain et non un robot et ainsi prévenir le spam automatique.
Image CAPTCHA
Recopier les caractères de l'image (en respectant les majuscules, minuscules et sans espace).