Prostate et sexualité

 

Catherine : La prostate fabrique un liquide, le liquide prostatique, qui entre dans la composition du sperme. Et c'est à l'intérieur de la prostate, que le sperme s'accumule sous pression juste avant l'éjaculation. C'est cette pression à cet endroit qui déclenche la sensation de l'imminence de l'éjaculation.

 

 

 
Claire : quel rôle joue la prostate dans le fonctionnement sexuel, au niveau de l'érection ?
 
Catherine : La prostate ne joue pas de rôle à proprement parler dans l'érection. Mais quand la prostate a des problèmes et que l'on soigne ces problèmes, des troubles de l'érection peuvent apparaître.
En cas d'adénome de la prostate, c'est-à-dire d'hypertrophie bénigne ou de grosse prostate, on observe plus de problèmes d'érection que si la prostate est de taille normale. Or, l'hypertrophie bénigne de la prostate concerne 1 homme sur 2 après 50 ans. Et plus la prostate est grosse, plus elle entraîne des difficultés urinaires bien sûr, mais plus elle entraîne des difficultés d'érection et cela dès 50 ans, parfois même avant. Une hypertrophie de la prostate multiplie par deux le risque d'avoir un problème d'érection.

Donc, à partir de 50 ans, il est important de s'occuper de sa prostate, y compris pour conserver une sexualité qui fonctionne bien le plus longtemps possible, pourquoi pas toute la vie ?
 
Claire : Et quand on soigne les problèmes de prostate ?
 
Catherine : Si je dis qu'il faut prendre soin de sa prostate, c'est qu'il vaut mieux s'en occuper tôt pour mettre en place une bonne hygiène de vie, et pouvoir avoir accès aux médicaments les plus doux qui n'ont pas d'incidence sur l'érection. Car les traitements de l'adénome de la prostate peuvent avoir des répercussions sur la sexualité. Certains ont tendance à entraîner des troubles de l'érection et d'autres des éjaculations rétrogrades...
 
Claire, et quand un homme se fait opérer pour un adénome de la prostate ?

Catherine :

La première chose dont on a parlé, c'est qu'il a une éjaculation rétrograde. Et puis, question érection, l'opération provoque une sidération, un choc pendant un petit moment. Alors souvent, les hommes opérés n'ont pas d'érection pendant quelques semaines. C'est assez stressant pour eux, de saigner, d'avoir souvent quelques pertes d'urines et de ne plus avoir d'érection. Mais le corps cicatrise bien en quelques semaines. Et l'érection fonctionne à nouveau, et le plaisir est toujours au rendez-vous.
 
Claire : et en cas de cancer de la prostate ?
 
Catherine : Le cancer de la prostate peut entraîner des problèmes d'érection, liés aux différents traitements. Tout d'abord la radiothérapie. Il s'agit de rayons dont le rôle est de détruire les cellules cancéreuses. Malheureusement, ces rayons ont aussi un effet sur les tissus sains, et certains hommes, deux ou trois ans après les rayons voient des troubles de l'érection apparaître.
Et puis, il y a la chirurgie. Quand on ôte chirurgicalement la prostate, le chirurgien fait tout son possible pour conserver les nerfs érectiles contenus dans ce que l'on appelle les bandelettes. Ce sont des nerfs qui passent tout près de la prostate, et dans certains cas, ce n'est pas possible. Car il faut qu'il enlève vraiment toutes les cellules cancéreuses. Quand le chirurgien coupe les bandelettes, il ne sera plus possible de retrouver des érections naturelles. Le sexe reste inchangé, mais les nerfs qui amène l'influx provoquant une érection ne fonctionnent plus. On aura alors recours à des traitements spécifiques.

Quand le chirurgien conserve les nerfs érectiles, cet homme va retrouver une érection. Mais pas tout de suite. Parfois, il la retrouve en quelques semaines. J'ai déjà vu un homme récupérer son érection 2 semaines après l'intervention. Mais souvent, cela demande plus de temps, parfois, des mois, parfois 2 ou 3 ans, et même jusqu'à 4 ans dans certains cas.
En effet, les nerfs érectiles sont parfois très étirés pendant l'intervention, et il faut leur laisser le temps de se remettre.
En attendant le retour d'érections spontanées, il faut faire de la rééducation sexuelle. On le fait de deux manières. Soit en utilisant régulièrement des médicaments en injection dans le pénis (alprostadil) pour déclencher une intumescence, c'est-à-dire une légère érection. On peut aussi utiliser un vacuum, une pompe à érection qui fonctionne sur le principe de la ventouse pour attirer le sang dans la verge. Le but de ces méthodes est de garder l'élasticité des corps érectiles. On les oblige régulièrement à faire une certaine gymnastique, à se gonfler. Ils gardent ainsi ce potentiel. Si l'on ne s'en occupe pas, au bout d'un moment, ils deviennent moins élastiques et la chance de retrouver des érections spontanées diminue.
 
Claire : Et quand les nerfs érectiles sont coupés ?
 
Catherine : Dans ce cas, l'érection naturelle spontanée ne sera plus possible. On va proposer à cet homme d'apprendre à réaliser des infections intracaverneuses, c'est-à-dire des piqures de produit actif dans son pénis pour provoquer une érection quand il souhaitera une relation sexuelle. Ou alors, on lui propose d'apprendre à utiliser un vacuum, une pompe à érection. Ces méthodes devront être utilisée à vie. Si ces méthodes ne sont pas satisfaisantes, le chirurgien pourra lui proposer un implant pénien.

Claire : c'est quoi exactement un implant pénien ?

Catherine : C'est un matériel gonflable que l'on implante dans les corps caverneux et qui ne se voit pas du tout quand il est implanté. Une fois que c'est fait, quand cet homme souhaite avoir une érection, il faut fonctionner une pompe implantée elle aussi dans son corps. Et son érection survient à volonté. C'est souvent une excellente méthode pour les hommes qui n'ont pas d'autre solution efficace..

Claire et pour conclure ?

 
Catherine : Tout d'abord, pensez à faire des dépistages du cancer de la prostate. Et puis, si un jour vous devez être opéré, dîtes à votre chirurgien que vous comptez retrouver votre érection afin qu'il fasse son possible pour conserver vos nerfs érectiles. Car si vous tombez sur un très jeune chirurgien, certains se disent encore : « cet homme a 70 ans, l'érection, ça ne doit plus l'intéresser. Or, c'est faux la plupart du temps ! »
Ecoutez la chronique du Dr C. Solano:
 
 
 
 

 

2 Commentaires

Salut Dr, merci pour votre bonne explication! j'ai 27 ans et je souffre d'une prostatite chronique qui m'a provoque une faible érection accompagnée d'une éjaculation précoce. ma question est :y a t-il un traitement pour l'éjaculation précoce?

Cordialement!

Est -il possible avec la médecine moderne de soigner une éjaculation rétrograde après une opération de la prostate suite à une adénome.

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